Alchemic Sound Museum

 Artist   Title 

Chroniques

Chronique de DEDALE(S) - Malkuth

Un digipack aux atours minimalistes, des informations parcellaires qui vont � l'essentiel. Quand les balises auxquels on a l'habitude de s'(r)accrocher s'av�rent absentes, ne reste en d�finitive plus que la musique. Encore que parler de musique pour qualifier les travaux de DEDALE(S) est une approche que ne partagera qu'une minorit�, celle que n'effraient ni la Noise ni l'industrial Ambient soit les deux facettes d'une m�me pi�ce. Les autres, la majorit�, peuvent passer leur chemin ; c'est pr�f�rable car ils n'y comprendront rien, incapables de d�busquer le moindre int�r�t, la moindre trace de beaut� dans cette masse sonore grouillante. Les deux existent pourtant, vigies per�ant ce brouillard charg�es d'effluves noires, apocalyptiques, qui confinent � un cauchemar sans fin, immersion abyssale dans les profondeurs d'une �me tourment�e.

Artiste maison du label Alchemic Sound Museum, DEDALE(S) a enfant� dans la douleur le successeur d'Endless Corridors. Catharsis douloureuse, Malkuth en porte les �vidents stigmates, entailles mortif�res d'une chair d�j� meurtrie mais seul accouchement possible d'une oeuvre plac�e sous le signe de la folie et de l'emprisonnement sous toutes ses formes. Les trois membres de ce projet unique, Ruins, Adrien Mailler et Dolorism, (re)poussent � son paroxysme cet art de la douleur extr�mement personnel et introspectif. Ce n'est que bruits bourdonnants, samples � la fronti�re de la cacophonie, nappes sonores martiales.

Encore une fois, au risque de se r�p�ter, ce genre de cr�ation se vit, se ressent plus qu'elle ne s'�coute. Une plong�e �miett�e dans son intimit� infernale priverait forc�ment celui qui osera s'aventurer dans ce labyrinthe aux tentaculaires ramifications d'une bonne part de sa puissance �motionnelle. Des �motions �crites � l'encre noire, concass�es, tritur�es, bris�es, dont il ne reste au final qu'une pulsation effrayante, sans vie.

Bien que compartiment� en sept pistes distinctives, Malkuth se doit donc d'�tre appr�hend� dans sa globalit� douloureuse, comme une seule et m�me entit�, laquelle n'est pas pour autant fig�e. Au contraire, elle semble suivre une trame, un dessein qui l'entra�ne peu � peu vers l'indicible. De fait, si "Incarnation" et "Slaughter Of Innocence" d�gagent suffisamment de motifs m�lodiques (?) pour installer tout d'abord les sens dans un cocon presque confortable (en comparaison de ce qui suit), "Shckhinah's Blccdbath" entame une brutale descente aux confins de la d�mence la plus hallucin�e, magma bruitiste qui se poursuit jusqu'� une mort programm�e qu'incarne "Call Of Rumble", mac�ration terminale p�trifi�e par un souffle d�sincarn�.

On se perd dans ce d�dale dont la cl� ne nous est pas fourni, happ�s par ce maelstr�m perturb� d'images malsaines. Certains diront qu'il faut �tre masochistes pour appr�cier cet album, il suffit en fait d'avoir subi souffrance et solitude pour cela...

Childeric Thor - 8/10

Source: