Alchemic Sound Museum

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Chroniques

Chronique de BATHORY LEGION - Bukkake S.T.N.

Il a beau �tre habill� d'un noble, bien qu'�pur�, digipack, Bukkake S.T.N. n'en reste pas moins une rumination viscéralement effrayante, profondément malsaine, � ne pas glisser entre toutes les oreilles. Son visuel, entre bondage mortif�re et horreur glauque, se veut l'�crin fid�le d'une partition maladive, grouillante de sons parasit�s, de verrues assourdissantes aux confins de la Noise.

Ceux qui ne conna�traient pas BATHORY LEGION, sachez que la créature ne noue bien entendu aucun lien musical avec le regretté Quorton dans l'oeuvre duquel on se perdrait � chercher une vague influence quand bien m�me les efforts de la jeune Romaine se cachant derri�re ce projet peuvent mais tr�s maladroitement, �tre arrim� au Black Metal dont il ne subsiste ici qu'une �me torturée, une carcasse r�cur�e par d'apocalyptiques et noires �manations.

Sa courte durée - une petite demi heure � peine - n'alt�re en rien la puissance rampante de ce second m�fait aux allures de symphonie lugubre, derelict p�trifi� errant � la surface de miasmes occultes et longeant les fronti�res de la Dark Ambient. Bien que bord� par des pulsations qui �jaculent des coulées �tonnamment non sans une certaine beauté, � l'image des derni�res mesures de l'introductif "The Nethermind" ou du court "Opus Omnia" que hante un piano aux accents gr�les, l'album palpite d'une s�ve acide, qui pollue, contamine tout ce qu'elle touche.

Bourdonnantes et rong�es par une l�pre insidieuse ("Anechoic Flesh"), ces reptations ont quelque chose d'une d�ambulation dans les couloirs d'un asile ("Transfiguration", que peuple toutefois par moment des sonorit�s �trangement belles). Lointaines, les voix trafiqu�es, oscillant entre gargouillis et hurlements, ajoutent � l'ambiance abyssale de l'ensemble. Cauchemardesque, Bukkake S.T.N. trempe dans le stupre et le sexe sale, interdit, celui qui fait saigner, qui fait souffrir les chairs � vif, copulation fi�vreuse entre noirceur infernale et luxure hypnotique. Malgré de (rares) éclairs salvateurs, l'opus met mal � l'aise, mac�ration d'images sonores perturbantes.

C'est peu dire qu'il vous hante encore longtemps apr�s que le disque ait cessé de tourner car l'écoute se poursuit, mentale et morbide. Avec le successeur de Through The Dimensions, BATHORY LEGION se montre plus pervers encore, plus dérangeant aussi, oeuvre d'une artiste tourmentée dont les créations poss�dent une dimension cathartique évidente.

Childeric Thor - 7.0

Source: lahordenoire.free.fr/chronique.php?art=3056