Alchemic Sound Museum

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Chroniques

Chronique de Loki Fun Lilith - Water's Ruins

Wter's Ruins Cover

 

Derrière cette entité fibreuse se cache le même visage que derrière Dédale(s) : Antoine Ruins. Loki Fun Lilith est comme le soubassement de Dédale(s). Un frère jumeau dont on aurait enterré les restes dans les fondations.

C’est un vivier. Bien des titres que j’ai ici chroniqués dessinent une architecture du vide. Loki Fun Lilith est plein comme un œuf de cent ans. Plein de vermine, d’organes et d’animalcules. Un monde de Proposopée qui aurait muté en ingérant ses propres déchets.

Ici, le chaos est la seule ligne directrice. Un son a-t-il fini de naître et de se développer qu’un autre l’engloutit, qu’une sirène radiophonique avale un larsen que dévore un matraquage sonore qu’aplatit la rumeur d’un train. C’est la matrice des rêves malformés et mal aimés qui se bouffent les uns les autres. C’est la puanteur dans l’appartement d’un syllogomane, des piles de vieux journeaux et de boîtes de conserve, des ballots de ficelles et des seaux remplis d’excréments.

Le titre est fun mais la folie de cet album ne donne pas envie de rire.

Une telle entropie nous déplaît car elle nous renvoie à notre propre confusion mentale. Aux décisions qu’on n’aurait pas voulu prendre, aux personnes qu’on a trahies, au charnier sur lequel pousse le fumier de nos ambitions déchues. Moi le premier, les MJ sont réticents à utiliser des pistes sans cohérence. Du moins pas cette cohérence là du bordel absolu. Ce n’est pas que ça soit trop rapide, que les larsens fassent trop mal, que les saturations bouffent trop l’écran. C’est juste que c’est un zapping sur la TNT de l’Enfer et ça flanque la nausée. C’est comme de regarder ses propres boyaux. On n’a pas envie de savoir ce qu’il y a l’intérieur de nous.

Il y a trop de peuple dans cette caverne utérine où croupissent nos rêves. C’est un space hulk de Nurgle à Dark Heresy. Un plan carcéral à Planescape où des milliers de mains grêles tapent leur gamelle contre les barreaux. Un voyage organisé dans Metropolis à Kult, où les humains vaincus se vautrent avec leurs propres démons. Contempler l’abysse… Et la laisser caresser votre visage… Ce visage noir derrière ce placenta de cris hybrides, de tocsins, de locomotives et de chuchotements… Ce visage c’est le tien. Tu l’aimes et tu voudrais qu’il te morde pour t’arracher la peau et en finir.

 

Source: http://www.terresetranges.net/forums/viewtopic.php?pid=9127#p9127